Autoentrepreneur ou SASU : comment choisir ? - Fiches pratiques

Autoentrepreneur ou SASU : comment choisir ?

Autoentrepreneur ou SASU

La première question que vous vous posez lorsque vous créez votre entreprise est son statut juridique. Vous pouvez hésiter entre l’autoentrepreneur et la SASU (Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle). Les deux statuts permettent d’entreprendre seul, mais la SASU est une personne morale, alors que l’autoentreprise est une personne physique. Voici tout ce qu’il faut savoir pour vous aider à faire votre choix.

Autoentrepreneur : les caractéristiques et les limites

Le statut de l’autoentrepreneur bénéficie d’un fonctionnement extrêmement simplifié qui vous permet de créer votre autoentreprise en quelques minutes. Par la suite, la gestion en est très simple, avec des formalités réduites à leur minimum.

Cependant, ce statut connaît quelques limites.

Pas d’embauche possible

La vocation de l’autoentrepreneur est de demeurer seul. Vous ne pouvez pas embaucher de personnel. Si votre objectif est de développer votre activité en étoffant vos effectifs, ce ne sera pas possible avec l’autoentreprise, vous devrez changer de statut.

Les restrictions des activités

Toutes les activités ne sont pas autorisées avec le statut d’autoentrepreneur. Voici quelques-unes des activités interdites : les métiers agricoles, les activités relevant de la TVA immobilière, les professions du droit, les métiers artistiques utilisant les droits d’auteur, ainsi que d’autre professions comme vétérinaire, agent d’assurances, expert-comptable, de nombreuses professions médicales, etc.

Le seuil du chiffre d’affaires

L’autoentrepreneur est également bridé par un chiffre d’affaires autorisé restreint. Il est plafonné à 176 200 € pour les activités commerciales (achat-vente de marchandises) et 72 500 € pour les prestations de services artisanales et commerciales, ainsi que les activités libérales. Lorsque vous dépassez ces plafonds, votre autoentreprise bascule automatiquement sur le statut d’entreprise individuelle classique.

La SASU

La SASU est moins limitée que le statut autoentrepreneur. Elle est la version Unipersonnelle de la SAS (Société par Actions Simplifiée). Elle est donc une personne morale, indépendante de votre personne physique. Le président de la SASU est son dirigeant, mais il n’est pas forcément l’associé unique.

Le chiffre d’affaires de la SASU n’est pas plafonné et vous créez vos statuts comme vous l’entendez. Elle vous permet également d’embaucher des employés, rémunérés par dividendes.

Si vous envisagez une activité qui doit vite se développer, avec le besoin d’embaucher, la SASU est plus adaptée que le statut de l’autoentrepreneur.

Les différences entre le statut de l’autoentrepreneur et celui de la SASU

Les démarches administratives

Pour qui est atteint de phobie administrative, le statut de l’autoentrepreneur est un rêve ! Vous créez votre autoentreprise en quelques minutes, seul, depuis n’importe quel ordinateur disposant d’une connexion Internet. Vous recevez automatiquement votre numéro de SIRET qui vous permet de démarrer votre activité.

Le processus pour la SASU est plus complexe et nécessite souvent l’accompagnement d’un expert-comptable si vous voulez être sûr de bien respecter les règles. Vous devez rédiger les statuts de votre société, déposer un capital (même s’il n’est que d’1 € symbolique) et publier une annonce dans un journal légal.

Les coûts de création

L’immatriculation d’une autoentreprise aux répertoires et registres est gratuite. Le seul cas particulier est celui des agents commerciaux qui doivent s’inscrire au RSAC (Registre des Agents Commerciaux) pour 25,42 €.

L’autoentrepreneur est, depuis la loi Sapin, obligé d’ouvrir un compte bancaire dédié à son activité professionnelle, au bout d’un an. Ce compte n’est pas tenu d’être professionnel. Un compte personnel revient moins cher.

Pour une SASU, vous devez payer votre publication au journal d’annonces légales et votre immatriculation au RCS (Registre du Commerce et des Sociétés) ou au RM (Répertoire des Métiers). Vous devez provisionner jusqu’à 460 € pour une entreprise artisanale.

Vous devez également ouvrir un compte bancaire professionnel pour le dépôt de capital.

La comptabilité

Là encore, l’autoentrepreneur ne s’encombre pas de démarches compliquées, chronophages et coûteuses. Votre seule obligation est de tenir un livre de recette sur lequel vous devez lister chronologiquement vos rentrées d’argent. Si votre activité vous impose des dépenses et investissements, vous devez conserver pendant dix ans vos factures et tickets de caisse, même si les sommes concernées n’apparaissent nulle part, puisque vous ne déduisez pas vos charges.

Si votre activité d’autoentrepreneur concerne la vente de marchandises, vous devez également tenir un registre des achats répertoriant toutes vos acquisitions.

Pour la SASU, vous devez tenir une véritable comptabilité d’entreprise. Cela implique de respecter de nombreuses obligations comptables, c’est-à-dire l’enregistrement de tous les mouvements affectant le patrimoine de l’entreprise, l’inventaire, le bilan et le compte de résultat annuels. Vous n’êtes obligé par la loi de faire appel à un expert-comptable, mais, si vous n’avez pas de connaissance dans ce domaine, vous aurez du mal à vous en passer.

Les cotisations

L’auto-entrepreneur est affilié à la Sécurité Sociale des Indépendants (SSI). Vous choisissez lors de la création de votre autoentreprise de régler vos cotisations tous les mois ou trimestres. Leur montant dépend de votre chiffre d’affaires. Il est 12,8 % pour les ventes de marchandises et 22 % pour les prestations de service artisanales et commerciales, ainsi que pour les activités libérales. Vous réglez ces cotisations au moment de votre déclaration mensuelle ou trimestrielle. L’autoentrepreneur ne cotise pas pour le chômage.

Le président de SASU est affilié au régime général. Il bénéficie de la même protection sociale que les salariés, sauf pour le chômage. Ses cotisations sociales sont prélevées sur sa rémunération, à hauteur de 65 % du net environ. 

La fiscalité

Le statut d’autoentrepreneur est extrêmement intéressant lorsque vous exercez une activité pour laquelle vous n’avez pas beaucoup de charges professionnelles. En effet, celles-ci ne sont pas déductibles, ce qui vous interdit de diminuer l’assiette de calcul de vos impôts. Cependant, vous bénéficiez d’une généreuse contrepartie, grâce à un abattement forfaitaire important. Il est de :

  • 34 % du CA pour les activités libérales relevant des BNC ;
  • 50 % du CA pour les autres activités commerciales et artisanales relevant des BIC ;
  • 71 % du CA pour les activités d’achat-revente ou de fourniture de logement.

L’autoentrepreneur dispose également du versement libératoire qui lui permet de payer un forfait d’impôt au moment de sa déclaration mensuelle ou trimestrielle.

La SASU est soumise à l’IS (Impôt sur les Sociétés) et est imposée sur ses bénéfices. De son côté, le président paye l’IR (Impôt sur le Revenu).

Cependant, durant vos cinq premières années d’activité en SASU, vous pouvez opter pour l’imposition totale sur le revenu. Vous devez dans ce cas ajouter les bénéfices de votre entreprise au montant imposable touché en tant que président de la SASU.

La responsabilité du dirigeant de l’entreprise

Le patrimoine de l’autoentrepreneur est confondu avec celui de son autoentreprise. En revanche, la responsabilité du président d’une SASU est limitée. En effet, la SASU est une personne morale qui possède son propre patrimoine, c’est pourquoi le patrimoine personnel du président et de l’associé unique n’ont rien à voir avec celui de l’entreprise. Il ne peut donc pas être attaqué en cas de créances ou de dettes.

Est-il possible de transférer son autoentreprise vers une SASU ?

La réponse est non ! L’autoentreprise est une entreprise individuelle et la SASU est une société, il n’existe donc pas de passerelle entre les deux statuts. Dans un sens comme dans l’autre, vous devez créer votre nouvelle entité à partir de zéro.

Cela signifie que vous allez fermer votre autoentreprise ou votre SASU, avant d’ouvrir une nouvelle entreprise avec le statut que vous avez choisi.

Si vous avez encore des questions , vous pouvez venir poser vos question dans notre groupe d’aide sur Facebook.

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