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Efficaces et courageux, mais mal payés et exposés au danger : le regard des Français sur les livreurs à domicile

Une enquête exclusive de l’IFOP pour HelloMyBusiness

Balbutiante au tournant des années 2010, la livraison de repas à domicile a explosé ces dernières années en France. Bien implantées dans les grandes villes et les agglomérations urbaines, les plateformes de livraisons se sont multipliées et se jouent une concurrence féroce pour conquérir et conserver un marché boosté par la crise sanitaire, les confinements et la fermeture physique des restaurants qui se sont tournés vers elles pour maintenir une part de leur activité.

Mais comment les Français perçoivent-ils les dizaines de milliers de livreurs de nourriture et de repas auxquels ils sont de plus en plus nombreux à faire appel ? Que pensent-ils de leurs conditions de travail ? Sont-ils prêts à payer plus pour améliorer leur situation ? Ont-ils facilement accès à ce type de service là où ils résident ? Comment les accueillent-ils à leur domicile ?

Pour répondre à ces questions, HelloMyBusiness a confié à l’IFOP une grande étude dont les résultats montrent clairement l’estime que portent nos concitoyens aux livreurs à domicile et la connaissance qu’ils ont des contraintes de leur activité, mais aussi l’inégale répartition des plateformes de livraison à l’échelle hexagonale.

Pour une évolution du statut des livreurs

1- Enquête FLASHS-IFOP pour HelloMyBusiness- Les Français et les livreurs à domicile

Exerçant majoritairement sous le statut de micro-entrepreneurs, les livreurs, chevilles ouvrières de cette économie, font régulièrement entendre leur voix pour obtenir de meilleures conditions de travail. C’est ainsi qu’en avril dernier, Deliveroo (qui a fait appel de cette décision) a été condamné à 375 000 euros d’amende et plusieurs de ses dirigeants à des peines de prison avec sursis pour avoir employé des livreurs indépendants qui auraient dû, selon la justice et au regard de la nature des liens les unissant à la plate-forme, bénéficier du statut de salariés1.

Une précarité dont les Français ont largement conscience et qu’ils désapprouvent : 93% des personnes interrogées par l’IFOP estiment que le statut des livreurs à domicile devait être aligné sur celui des salariés. Une quasi-unanimité partagée de manière homogène quelles que soient les générations – avec un pic à 97% d’approbation pour les plus de 65 ans -, les catégories socio-professionnelles ou encore la proximité politique des interviewés.

Des conditions de travail perçues comme difficiles

2- Enquête FLASHS-IFOP pour HelloMyBusiness- Les Français et les livreurs à domicile

Pressés par le temps, soumis aux caprices de la météo et de la circulation, subissant les remontrances de clients parfois très mal aimables, les coursiers ont souvent le sentiment que le commun des mortels est indifférent à leurs conditions de travail. Pourtant, si les Français expriment de façon massive leur soutien à une amélioration du statut des livreurs à domicile, c’est parce qu’ils perçoivent avec acuité les difficultés auxquelles sont confrontés celles et ceux qui sillonnent nos rues au guidon de leurs vélos ou de leurs scooters. Les chiffres de l’enquête de l’IFOP montrent en effet que 9 répondants sur 10 jugent qu’il s’agit d’une activité mal payée, plus de 8 sur 10 qu’elle est stressante (83%) et difficile (81%), voire dangereuse (73%).

Une image globalement très bonne

3- Enquête FLASHS-IFOP pour HelloMyBusiness- Les Français et les livreurs à domicile

Parallèlement, et aussi parce qu’ils en connaissent les contraintes, les Français ont une très bonne image des livreurs à domicile qu’ils jugent efficaces (89%), courageux (89%) et aimables (81%). En la matière, les femmes sont plus nombreuses que les hommes à les juger efficaces (92% contre 85%) et aimables (84% contre 78%). Les plus âgés de nos concitoyens sont également ceux qui ont la représentation la plus positive des livreurs à domicile : 96% des personnes de plus 65 ans saluent leur efficacité (c’est 83% chez les 18-34 ans) et 93% reconnaissent leur amabilité, soit 20 points de plus que chez les 18-34 ans (73%).

Des consommateurs prêts à payer plus

4- Enquête FLASHS-IFOP pour HelloMyBusiness- Les Français et les livreurs à domicile

Soucieux de voir leur statut et leurs conditions de travail améliorés, conscients de la pénibilité de leur activité et leur reconnaissant de grandes qualités, les clients sont-ils pour autant prêts à soutenir les coursiers en payant plus cher leurs livraisons ? Oui, disent 8 Français sur 10 si cela permet effectivement d’améliorer leurs conditions de travail. Un oui massif donc, mais à relativiser : à peine plus du quart des personnes interrogées (26%) se dit certain d’accepter une note plus élevée dans ce but.

Dans des proportions presque identiques (78%, dont 24% certainement), les consommateurs accepteraient également une hausse des tarifs à condition qu’elle corresponde à une meilleure rémunération des coursiers. En l’espèce, ce sont les catégories socio-professionnelles les plus modestes qui se révèlent les plus solidaires : 85% de ceux qui perçoivent moins de 1 300 € par mois sont d’accord pour mettre la main à la poche afin d’assurer aux livreurs de meilleures conditions de travail contre moins des deux tiers (61%) de ceux dont les revenus dépassent 2 500 €.

Si elle reste une option approuvée par 64%, la hausse des tarifs pour favoriser un mode de transport plus écologique est celle qui rencontre la plus faible adhésion (13%) en termes de certitude de la part des répondants.

Livraison de repas à domicile : 1/3 des Français y ont recours

5- Enquête FLASHS-IFOP pour HelloMyBusiness- Les Français et les livreurs à domicile

Dans le deuxième volet de son enquête, l’IFOP s’intéresse au profil, aux habitudes et aux motivations des Français qui se font livrer de la nourriture à domicile. On apprend ainsi qu’un tiers (33%) des personnes interrogées sont clientes au moins une fois par an de telles plateformes et près d’un quart (23%) une fois ou plus par mois. Les plus jeunes sont aussi les plus nombreux à faire appel à ces services : plus de 60% des 18-34 ans en sont des clients plus ou moins réguliers contre 33% des 35-49 ans. En termes de fréquence, si seulement 6% des répondants commandent au moins une fois par semaine de la nourriture, la proportion monte à 21% des 25-34 ans, un chiffre bien plus élevé, pouvoir d’achat oblige, que chez les 18-24 ans (6% se disent clients hebdomadaires).

Un service difficile d’accès dans les campagnes

6- Enquête FLASHS-IFOP pour HelloMyBusiness- Les Français et les livreurs à domicile

C’est logiquement dans les grandes villes, les agglomérations et plus particulièrement en région parisienne – là où les plateformes de livraison de repas à domicile sont les plus représentées – que se trouvent les clients, habituels ou non. Pour d’évidentes questions de rentabilité et d’organisation, le maillage du territoire est très inégal : plus des deux tiers (67%) de ceux qui résident dans une commune rurale jugent difficile de recourir à la livraison de nourriture ou de repas à la maison quand moins d’un quart (23%) des habitants de la région parisienne disent la même chose. Globalement, près de la moitié des Français (42%) font état de difficultés pour bénéficier de ce type de services.

L’impact de la crise sanitaire

7- Enquête FLASHS-IFOP pour HelloMyBusiness- Les Français et les livreurs à domicile

Les confinements imposés par l’épidémie de Covid-19 en 2020 et les restrictions qui ont frappé le secteur ont amené nombre de restaurants à se tourner vers les plateformes de livraison à domicile pour poursuivre leur activité auprès de clients empêchés dans leurs déplacements.

Le cabinet spécialisé Gira2 estime ainsi que le nombre de repas livrés dans l’Hexagone est passé de 250 millions en 2019 à 350 millions en 2020. Aujourd’hui, près de 4 Français sur 10 (37%) indiquent se faire livrer plus fréquemment à la maison qu’avant mars 2020, date du premier confinement, 13% disant même qu’ils y ont recours beaucoup plus souvent.

Si la crise sanitaire n’a rien changé pour près de la moitié (45%) des répondants, 18% d’entre eux se font moins souvent livrer. Parmi eux se trouvent probablement des personnes ayant découvert les joies de la cuisine en étant bloquées à la maison, et, malheureusement aussi, d’autres dont le pouvoir d’achat a été fortement impacté par la crise.

Entre manque de temps et paresse

8- Enquête FLASHS-IFOP pour HelloMyBusiness- Les Français et les livreurs à domicile

Parmi les raisons qui les poussent à faire appel à un service de livraison de repas à domicile, les Français citent en premier lieu, pour 72% d’entre eux, le manque de temps, et dans une proportion presque égale (71%) la paresse de devoir préparer soi-même à manger. Des motivations qui prennent le pas sur l’envie de découvrir de nouvelles saveurs (56%) et la possibilité de déguster de meilleurs mets que ceux qu’ils sont capables de confectionner eux-mêmes (55%). Le recours aux plateformes de livraison répond donc d’abord à des considérations pratiques et organisationnelles plutôt que gustatives, même si ce dernier point n’est évidemment pas à négliger.

Accueil en pyjama, déguisé ou même nu !

9- Enquête FLASHS-IFOP pour HelloMyBusiness- Les Français et les livreurs à domicile

L’enquête de l’IFOP s’est également penchée sur les conditions dans lesquelles les clients accueillent les livreurs à domicile. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que la décontraction est d’usage : 46% ont déjà reçu le coursier en pyjama (dont 18% souvent), seule situation dans laquelle les femmes (47%) sont plus nombreuses que les hommes (45%) à répondre par l’affirmative. En effet, les hommes sont près de trois fois plus (21% contre 8%) à s’être déjà présentés en sous-vêtements et deux fois plus nombreux (17% contre 8%) enveloppés dans une serviette de bain. Trop pressés pour s’habiller ou cédant à des penchants exhibitionnistes, 8% des personnes interrogées (11% des hommes et 5% des femmes) ont déjà ouvert leur porte en étant nues, 2% disant même que cela leur arrive régulièrement ! Enfin, il arrive que les livreurs apportent à manger à Batman, Astérix ou au capitaine Jack Sparrow : anniversaire, Mardi Gras ou Halloween obligent, 14% des clients étaient en effet déguisés à l’heure de réceptionner leur commande.

1 https://www.20minutes.fr/economie/3274679-20220420-deliveroo-condamnation-plateforme-va-rebattre-cartes-livraison-domicile

2 https://www.giraconseil.fr/le-marche-de-la-livraison-de-repas-en-2020

Enquête menée par l’IFOP pour HelloMyBusiness les 24 et 25 mai 2022 par questionnaire auto-administré auprès d’un échantillon de 1 011 personnes âgées de 18 ans et plus, représentatif de la population de France métropolitaine.

Le rapport complet de cette étude est disponible ici.

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