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Auto-entrepreneur : peut-on contracter un prêt immobilier ?

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Lorsqu’on désire acquérir un bien immobilier, avoir recours à un prêt apparait souvent comme une solution inévitable. Débloquer la somme entière peut en effet relever de l’impossible, alors qu’une hypothèque offre une marge de remboursement considérable et permet la réalisation de ses rêves sans tarir dangereusement sa fortune ou contracter des dettes multiples auprès de particuliers.

Mais certaines idées préconçues concernant l’éligibilité à un prêt immobilier (autrement dit la possibilité d’en contracter un) peuvent freiner certains intéressés. De prime abord, pour un auto-entrepreneur particulièrement, cette opération bancaire parait utopique, voire impossible. Heureusement, la réalité est autrement plus nuancée et encourageante : contracter un prêt immobilier n’est pas une option réservée aux salariés. Il faut cependant composer avec quelques impératifs et prendre connaissance de certaines conditions.

Un lien fort entre situation professionnelle et accord du prêt immobilier

C’est pour le moins évident : sur le marché immobilier, les sommes engagées peuvent rapidement s’avérer vertigineuses, même pour de petites acquisitions. Ainsi, tout prêt accordé dans ce domaine suppose un cadre strict : des garanties de solvabilité sont automatiquement exigées par la banque sollicitée avant l’accord d’un prêt immobilier.

Si certains y voient une forme de discrimination consistant à n’aider que les plus aisés, il faut comprendre que les organismes financiers essuieraient des pertes annuelles gigantesques en s’engageant « à l’aveugle ». Bien sûr, les emprunteurs ne doivent pas nécessairement être millionnaires, mais ils doivent prouver leur capacité à rembourser le prêt contracté selon les échéances établies.

Un salarié doit dès lors jouir d’une situation professionnelle stable. Il se voit soumis à certaines conditions pour conclure une hypothèque : évidemment, celui qui vient tout juste de signer un CDI aura plus de difficultés à obtenir un prêt qu’un employé occupant le même poste depuis quinze ans et cumulant les promotions. Cependant, de manière générale, être rémunéré par un employeur permet l’entrée de revenus fixes et certaines garanties en termes de prestations sociales.

La santé financière d’un auto-entrepreneur, elle, peut être rapidement périclitée. Par essence, un indépendant prend des risques plus conséquents et ne bénéficie pas des mêmes prestations sociales lorsque le vent ne tourne plus en sa faveur. Si les produits qu’il promeut ou les tendances qu’il affiche ne correspondent plus au marché, les pertes vont s’avérer rapides et compromettre le remboursement du prêt. Pour autant, la porte d’une hypothèque ne lui est pas fermée : il faut avant tout rassurer l’organisme bancaire.

Constituer un dossier solide

En réalité, pour prétendre à la contraction d’un prêt hypothécaire, l’auto-entrepreneur devrait avant tout et si l’on peut dire se rassurer, apprécier la balance bénéfices/risques en jeu, par rapport aux performances de l’entreprise et à son hygiène financière sur le long terme.

À cet effet, consulter un expert en la matière, un conseiller (généralement courtier) capable de guider l’emprunteur potentiel ou bien lire des articles spécialisés en immobilier apparaît comme une bonne solution. En effet, les prêts d’une somme conséquentepeuvent compter très durablement parmi les frais fixes d’un individu, quelle que soit sa situation, et ne doivent donc pas être pris à la légère.

Si l’ambition d’acquérir un bien immobilier reste intacte après les premières vérifications, il est temps de préparer un argumentaire solide. Cet argumentaire doit convaincre la banque, plus exactement ses représentants,quant à la solvabilité actuelle et future de l’entreprise. Toute preuve matérielle ou numérique de productivité, toute projection réaliste de bénéfices peuvent peser dans la balance.

Mais des chiffres encourageants ou un succès fulgurant durant les derniers mois ne suffiront probablement pas à débloquer le prêt immobilier.

Remplir certaines conditions

Certaines conditions, en principe partagées par les organismes bancaires, doivent être remplies pour espérer une hypothèque en tant qu’auto-entrepreneur :

  • Un auto-entrepreneur étant généralement livré à lui-même au cœur d’un univers financier rude, exposé à la concurrence et à l’instabilité des marchés, il doit attester d’une santé financière en tant qu’individu. Le demandeur qui croule sous les dettes personnelles, quel que soit l’état de son entreprise sur le plan économique, aura plus de difficultés à contracter un prêt immobilier qu’un individu épargnant sagement et régulièrement.
  • Celui qui souhaite un prêt doit avoir fait fructifier son entreprise sur le long terme. En-dessous de vingt-quatre mois d’existence (voire bien plus selon les secteurs et les exigences propres à chaque banque), le recul quant à la rentabilité d’une activité financière est considéré comme inexistant. Il faut donc faire preuve de patience avant d’espérer un prêt en tant qu’auto-entrepreneur.
  • Sur un plan purement administratif, il faut observer une certaine rigueur et garder à portée de main tous les documents nécessaires à la constitution d’un dossier solide, surtout s’ils laissent entrevoir des bénéfices (contrats importants, indicateurs de tendances positives, etc.). L’accord d’un prêt par une banque n’est pas soumis à une science exacte : il ne faut donc négliger aucune « pièce ».

Choisir sa banque

Tout comme l’organisme prêteur est amené à choisir ceux qui bénéficieront d’un prêt, l’auto-entrepreneur doit opter pour une banque correspondant à son profil. Les conditions présentées jusque-là, comme la nécessité d’être suffisamment « installé » sur les marchés, sont en réalité sujettes à des nuances, à des variations selon les offres proposées. Par le jeu classique des concurrences, les différentes compagnies bancaires de prêt vont promouvoir des taux d’intérêts intéressants, des conditions plus souples pour le remboursement…

Ces variations contractuelles sont à observer, à jauger avant de déposer un dossier ou d’entériner un prêt. Un indépendant devra toujours se demander si les échéances et les frais engendrés correspondent à sa situation. Aussi, il est intéressant de connaître les différents « types » de banque. Un article consacré au sujet, publié sur le site Pole Autoentrepreneur, propose de distinguer les banques nationales, les banques régionales, les banques en ligne et les services bancaires proposés par les assureurs.

Selon le système choisi, la somme prêtée sera plus ou moins importante. D’autres paramètres peuvent entrer en ligne de compte, telle que la dimension humaine du suivi (un banque régionale sera forcément plus accessible qu’une banque en ligne, ne serait-ce que pour des raisons logistiques), la flexibilité des conditions ou encore la propension à prendre des risques.

En conclusion : le prêt immobilier pour un auto-entrepreneur, possible mais jamais garanti

En somme, c’est un fait : il est possible, pratiquement comme légalement, d’obtenir un prêt immobilier en tant qu’auto-entrepreneur. Pour autant, et c’est particulièrement le cas lorsque le pays est confronté à une crise économique, l’emprunteur doit s’attendre à essuyer certains refus. Si cela arrive, il peut soit repousser sa tentative jusqu’à ce que le profil financier de son entreprise s’avère plus rassurant, soit chercher un autre organisme bancaire correspondant davantage à sa situation.

Comme pour toute créance sortant du domaine privé, il faut garder à l’esprit que des intérêts sont en jeu, et qu’un prêt ne correspond jamais à une acquisition facile d’argent. La nécessité de rembourser selon les échéances peut venir se greffer aux incertitudes concernant le chiffre d’affaires.

Par ricochet, c’est la fortune personnelle de l’indépendant qui peut en pâtir. Ainsi, chaque sollicitation auprès d’une banque doit s’accompagner d’une réflexion en amont. Les fruits de cette réflexion permettront d’envisager un autre financement si les risques sont trop élevés… ou de se convaincre que l’emprunt est la meilleure solution.

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