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Auto-entrepreneur : est-il prudent d’envisager un PEA avec l’ouverture d’un compte-titres ?

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Un auto-entrepreneur doit forcément composer avec certaines incertitudes quant à la santé financière de son entreprise. Les bénéfices ne sont jamais absolument garantis puisqu’ils dépendent de facteurs aussi variés que les tendances dominantes du marché, l’effectivité des profits réalisés en rapport aux estimations produites ou le surgissement d’événements perturbateurs (catastrophes naturelles, revirement politique soudain, produit moins convoité suite à un scandale, etc.). Dès lors, engager une partie de sa fortune sur les marchés boursiers peut apparaitre comme une double prise de risque, et dissuader un investisseur.

Il n’est pourtant pas impossible – et il peut même s’avérer judicieux – d’envisager un PEA (plan d’épargne en actions) en ouvrant un compte-titresy compris pour un indépendant. L’important est d’être conscient des enjeux et d’établir une stratégie aussi concrète que raisonnable, garantissant un équilibre entre l’objectif de gains visés et les pertes éventuelles.

Qu’est-ce qu’un PEA ? Qu’est-ce qu’un « compte-titres » ?

Le lancement d’un plan d’épargne en actions et la création d’un compte-titres vont généralement de pair pour un individu, au moment d’investir. En effet, le PEA désigne en réalité un mécanisme de placement souvent avantageux sur le plan fiscal.

L’argent investi est placé sur ce qu’on appelle un compte-titres, justement, sous forme de valeurs mobilières : autrement dit, l’argent épargné n’est pas seulement sujet aux intérêts comme dans le cadre d’un compte « classique » (ou compte espèces), mais fluctue en fonction de l’évolution des marchés boursiers, et donc de la manière dont les actions gagnent ou perdent en valeur.  Toutefois n’espérez pas pouvoir investir sur tout et n’importe quoi, les valeurs mobilières éligibles sont celles de l’Union Européenne et plus particulièrement celles du CAC40.  

Ouvrir un compte-titres, bien qu’il faille garder plusieurs nuances à l’esprit, consiste en l’acquisition d’un portefeuille d’action. Dès lors, même si la procédure est menée sous l’égide d’un organisme bancaire, il est plus sage de ne pas compter uniquement sur ce type d’investissement, surtout en tant qu’auto-entrepreneur.

Les risques inhérents au PEA : avertissements et conseils

Par essence, le PEA est destiné aux individus, qu’ils soient salariés ou auto-entrepreneurs. Dans le deuxième cas, il faut se montrer particulièrement prudent avant de se lancer dans l’investissement. En effet, comme on le disait plus tôt, aux habituels risques pécuniers liés à la gestion d’une entreprise viennent se greffer ceux liés aux finances le trading, même s’il peut être pratiqué par des particuliers ne s’improvise pas… et d’autres entreprises, celles qui ont émis les actions acquises. S’il est possible de vendre ses titres, l’opération reste complexe, s’accompagne de frais et n’empêche pas, dans l’intervalle, d’essuyer des pertes parfois conséquentes.

Ainsi, tout indépendant désireux d’ouvrir un compte-titres gagne à prendre les précautions suivantes :

  • L’entreprise de l’individu souhaitant investir devrait témoigner d’une certaine ancienneté, et avoir fait ses preuves sur le long terme. Ce n’est en soi pas une condition, comme ce pourrait être le cas au moment de contracter un prêt, mais attendre deux ou cinq ans permet de jauger la rentabilité d’une affaire, d’apprécier sa stabilité.
  • Il n’y a pas qu’un seul modèle de PEA ; au contraire, les possibilités offertes sont multiples. Un banquier peut accompagner l’auto-entrepreneur dans sa démarche au moment d’ouvrir le compte-titres, pour « sécuriser » l’investissement. Selon les options choisies, des limites de pertes plus ou moins grandes peuvent être établies. Proportionnellement, les gains potentiels s’en voient amoindris, mais cela empêche toute chute vertigineuse en cas de revirement soudain sur les marchés boursiers.
  • Comme pour toute opération en bourse, des précautions sont à observer: préférer un portefeuille varié à une spéculation ne visant qu’un secteur particulier, prendre régulièrement la « température » des marchés pour éviter les surprises fâcheuses, investir par échelons…

Ouvrir un PEA en tant qu’auto-entrepreneur : une marche à suivre

Toute personne désirant ouvrir un compte-titres doit être domiciliée sur le sol français (d’un point de vue fiscal), avoir atteint la majorité légale et ne pas déjà posséder un compte du même genre. En réalité, l’auto-entrepreneur va emprunter le chemin en tant qu’individu, au même titre qu’un salarié ; si d’ailleurs les sommes investies ne viennent pas des bénéfices réalisés dans le cadre de son business, le statut d’auto-entrepreneur n’est pas particulièrement relevant, bien qu’il faille toujours surveille sa fortune globale.

Si au contraire l’investissement est réalisé à partir des fonds de l’entreprise, ou du moins d’une partie de ceux-ci, voici les étapes qu’il semble important de suivre :

  • Il convient de choisir un organisme bancaire fiable, reconnu, correspondant idéalement au profil du commerce concerné (un artisan local se tournera plus facilement vers une banque régionale, par exemple).
  • Avant même d’engager un échange avec le banquier, tout acteur ambitionnant une entrée en bourse devrait se renseigner sur l’état des marchés et sur les tendances actuelles, à la hausse comme à la baisse. Choisir un PEA demande d’avoir un certain recul par rapport à la situation des marchés.
  • Si la décision d’investir est prise, il est fortement recommandé de prendre conseil auprès du banquier pour établir une stratégie aussi sûre que possible, prenant compte des éventuelles tribulations à moyen et long terme.
  • Il est important de suivre précautionneusement la mise en place du compte-titres, et s’assurer de pouvoir en observer l’évolution, via un outil e-banking par exemple.
  • Par la suite, consulter régulièrement les variations au niveau des actions acquises permet de ne pas perdre le contrôle de son épargne, forcément volatile.

En conclusion : l’auto-entrepreneur gagne-t-il à investir dans un PEA ?

Il est difficile de strictement conseiller ou déconseiller la mise en place d’un PEA, et donc l’ouverture d’un compte-titres, aux auto-entrepreneurs. De nombreux paramètres entrent en ligne de compte, que ce soit au niveau de la situation personnelle de l’investisseur ou des performances réalisées par l’entreprise.

Quoiqu’il en soit, un indépendant devrait jouir d’une situation financière stable avant d’envisager une épargne liée aux marchés boursiers. Cette opération n’est ni impossible, ni impopulaire ; elle peut déboucher sur des gains intéressants et durables, mais il n’est pas pertinent d’y avoir recours au lancement d’une entreprise ou sans avoir établi une stratégie sérieuse, prenant compte de la balance bénéfices/risques. Comme pour tout enrichissement, faire preuve de patience et de prudence est capital… si l’on ne veut pas voir son capital fondre, justement !

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